La femme savante

Samuel Christen

Les volets de sa chambre étaient bruns
Elle voulait devenir écrivain
Et jouait parfois du piano
Pour passer son temps entre deux mots

Et quand je prenais l'escalier
Ils se poussaient dans mon corps emporté
Comme dans un train qui ne s'arrête pas
Qui traverse tout sans savoir où il va

(Elle elle savait moi je ne savais pas)
Et tandis que ses gammes descendaient de ses doigts
Moi je montais oubliant mes repas
Oubliant surtout tout ce qu'elle n'était pas

Mais sa porte était mon ciel entier
Et ma Babel avait tout emmêlé
Le bois la peau les lèvres et le cou
Le haut le bas et elle qui s'en fout

Je passais là les plus belles heures
Dans cette chambre qui n'a pas de fleurs
(Elle elle savait moi je ne savais pas)
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