ce que tu ne vois pas

Salomé Coquoz

l’eau incertaine accueille ma douleur tremblante
liberté désirée
déchirée
voile blanc sur mon ventre essoufflé
étouffé
coup de poignard
sang qui dégouline
goutte à goutte
et goutte
sang
qui coule
s’écoule
à flot
à fleur
de peau
de mots
à flot
entre mes jambes
sang à sang
peine à peine
larmes à larmes

je ne ressens plus rien
même plus la tiédeur ni la profondeur de mon corps
même plus mes entrailles
vidées
visage de sang
paysage de cendres

baisers manqués
ses bras refuges autour de moi
absents
soleil hypocrite
toujours noir
toujours vide
de plus de lumière

je m’essouffle
je t’étouffe
je souffre
démunie
inaccessible à moi-même
j’appelle à l’aide
d’un cri murmuré
rattrapé par la solitude

Comment s’extraire du monde ?
Comment ne plus devoir se protéger de soi-même ?
  le poids du silence
de ta vie indésirée
mon corps écrasé par lui-même
le désespoir au ventre
ton précipice m’envahit jusqu’à l’asphyxie
je suffoque
écorchée
seule ma tête dépasse de l’eau
trouble de poussière de toi
je me noie
mes yeux désemparés hurlent

Comment laisser à nouveau la vie entrer ?

vestiges
vertiges
à corps
à cœurs
abimés
abandonnés
le mien bat à l’envers et le tien s’arrête.

douleur amère
douceur amène
la triste saison est passée
en attendant que je renaisse
dehors les mésanges chantent et annoncent le printemps
Mon amour


envole-toi
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