Fribourg
, le 
03 avril 2014

La création ouverte à toutes les plumes

En avril 2014, "La Gruyère" se penchait à son tour sur "L'Épître", au moment où trois soirées lecture organisées par le Théâtre des Osses, à Givisiez.

 

Matthieu Corpataux, étudiant fribourgeois, a créé un journal en ligne dédié à la "littérature très courte". Le Théâtre des Osses lui consacre trois soirées.

 

Au départ, un cours au Collège Ste-Croix sur une revue surréaliste d'André Breton. L'idée germe dans l'esprit de Matthieu Corpataux. "Le jour où j'ai su que j'avais obtenu mon bac, j'ai écrit à des auteurs, à des profs, à des collégiens pour leur demander s'ils étaient intéressés à ce projet." XXIe siècle oblige, L'Épître voir le jour sur internet, début 2013. La semaine prochaine, le Théâtre des Osses, à Givisiez, consacre des Cafés littéraires à ce "journal fribourgeois de la petite littérature très courte". Au début, Matthieu Corpataux pensait créer une revue mensuelle sur papier. "Mais c'était trop cher et je n'avais aucun budget." Son idée, en revanche, ne change pas: "Je voulais déjà proposer des textes courts qui entrent dans le domaine littéraire et pas des articles de presse éphémères." Avec l'envie de proposer à chacun de s'essayer à la littérature: son journal s'ouvre autant aux auteurs confirmés qu'aux débutants.

 

Pas plus de 500 mots

Lancé le 1er janvier 2013, L'Épître a publié à ce jour quelque 150 textes d'environ 80 auteurs. "Nous en recevons trois à dix par semaine et nous en acceptons environ les deux tiers", relève Matthieu Corpataux. Pour être admis, les oeuvres ne doivent pas dépasser les 500 mots. "Le genre est libre: il y a de la poésie, de la prose, des monologues de théâtre, des essais critiques..."

Un noyau de quatre personnes et trois aides supplémentaires (étudiants et professeurs) lisent les textes pour approbation. "Nous ne sommes pas de vrais critiques, relève Matthieu Corpataux. Mais nous pouvons donner quelques lignes pour améliorer l'écriture." S'il s'occupe de toute l'administration de son site, le donateur de L'Épître a pu compter sur quelques aides, dès le début. Proche de sa famille, le musicien Iannis Kyriakidis lui a donné un coup de main, ainsi qu'un ami, Guillaume Hess, qu'il qualifie de "petit génie de l'informatique".

 

Des auteurs reconnus

D'emblée, il a en outre contacté des auteurs fribourgeois de renom. Certains ont accepté de lui confier des textes, comme le romancier Jean-François Haas et le poète Frédéric Wandelère: "Il m'a beaucoup aidé, soutenu, remis en question", souligne Matthieu Corpataux. Une preuve de confiance, un gage de crédibilité. Depuis, d'autres plumes confirmées ont rejoint l'aventure, comme Damien Murith, Michel Bavaud et Raymond Delley, en signant à l'Université de Fribourg.

Étudiant en histoire et littérature en sein de cette même Université, Matthieu Corpataux consacre une dizaine d'heures par semaine à son journal. Il n'a pas perdu de vue l'idée d'en donner un jour une version papier, même si la forme reste à déterminer. La parution d'une revue régulière reste un but, mais, en attendant, "des discussions sont en cours avec l'Université pour publier une anthologie".

 

De France et de Roumanie

Dans sa présentation, L'Épître indique souhaiter "enrichir la littérature fribourgeoise sous toutes ses formes". L'expression est déjà trop restreinte: des textes sont parvenus de France, des cantons de Vaud, du Valais et même de Roumanie... "Quand j'ai lancé ce journal, je ne savais pas s'il tiendrait deux semaines, explique Matthieu Corpataux. J'ai donc voulu partir sur des bases locales. Mais je n'ai aucune volonté régionaliste." D'ailleurs, il avoue désormais viser plus grand, en espérant faire connaître son projet dans toute la Suisse romande. Ce n'est pas parce qu'elle est brève que la littérature ne doit pas viser haut.

 

Éric Buillard

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