Ville

Chloé Ridel

Voilà. Ce sont des mots
ce sont Des taillis de novembre
Ce sont des heures voilà
Il n’y a rien à voir

Là-bas le pourpre du scorpion
J’ai des rideaux dans le salon
Des colombiens veux-tu les voir ?

Voilà ce trou c’est un métro
Et puis là-haut dans l’ouverture
Il y a des paravents jetés
De vieux chiffons à violoncelles
Tu sais ils savent encore frotter
Au mois de juin quand l’heure est telle
Qu’elle poursuit fortement

Voilà c’est triste au fond la ville
Il y a beaucoup d’eaux sales Moi
Je crève les concentrations
Les rites m’entament le cœur
Mais j’aime aussi les ponts virils
Peut être ? Je sais, là des maisons
Des gouttes pourpres
Des ramoneurs

Moi j’aimerais plutôt te dire
Que je sais mieux luire et ramer
Tourner les pages
Tordre le vent
Confondre l’eau la maintenir
Prendre le feu le tapoter
Et puis prévoir les mouvements

Mais voilà
Qui y-a t’il ?
Il y a les heures le printemps
Toute la vie en réception
Et toute chose à recevoir !
Veux-tu venir sur le ponton ?
Ami, que j’aime tant le soir

Et puis voilà c’est lui, viens voir
L’homme qui revient de la quête
Il porte un chat sur son épaule
Et lorsqu’aux heures d’éveil
La ville est repue de ses chants
Il donne un dernier coup de sang
Ce vagabond, lui ma mémoire

La ville Ami est dans mon ventre
Comme un baptême en suspension
Je la fredonne entre les lignes
Je n’ose
Je l’offre à la Raison
Mais quand voilà le soleil brille
Je veux être une autre éjection
Escaladant les tuiles mauves
D’une échappée aux toits tranquilles

Et si là-haut rien ne ressemble
Aux rimes d’un fracas content
Il y a l’ombre des étangs
L’enfance
Devant une mer de cimes
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