Tenir debout dans l'ombre du stigmate

Yamile

A Georges de La Tour
Ta poésie résiste aux murmures de tous les anges
Ton songe, Joseph, ne poursuit que le mouvement de leurs ailes
Tes mots aériens, chargés de toutes les cendres juives dont tu ne verras jamais les forêts, résistent.

Tes phrases persistent et dessinent le squelette des feuilles à travers lesquelles les nervures rougissent
Les flots de tes paroles sont comme une pommade qui embaume les lits des rivières séchées, comme pour garder intact le souvenir du ruissellement de l'eau.

Tes lettres s'inscrivent dans la durée et la perte : ta langue est sèche et fossile pour mieux tromper la mort
Elle imite la dureté du minerai pour rendre la souplesse des pivoines encore fermées Tu poses tes mains pleines d'encre sur des tombes fraîches dont la terre noircit encore le dessous de tes ongles.

Ta langue est entrecoupée de silences de notre Dieu, et Dieu habite ton texte.
Si la poésie n'est rien d'autre qu'un geste d'humilité devant la grandeur de la vie, Dieu habite ton texte.
Si tes mots préservent à jamais la beauté du monde, figée dans toute sa lumière, cachée dans ces pages vulnérables, alors Dieu habite ton texte.
FacebookPDF