Sur le chemin du travail

Clémentine Cuvit

Sur le chemin du travail.
Un appel manqué. Il y a 6 minutes.
S’arrêter sur le trottoir. Vite, rappeler la nounou. Pendant la sonnerie, imaginer avec effroi ce qu’il a pu arriver à l’enfant. Esprit si vif, brusque, alerte dans ces moments.
Elle répond.
« Vous avez oublié de mettre des couches dans le sac ce matin »
Soulagement immédiat. Rien de grave, l’enfant va bien. Puis grand soupir. Minuscule problème qui soudain prend tout l’espace mental. L’esprit qui part au galop. Il faut trouver une solution, je vais être en retard au travail.
Vaine et piètre tentative. « Vous n’en avez pas du tout ? » « Pas à sa taille, non »
Résignation.
« Je vais vous en amener »
Demi-tour en soufflant, direction la maison. Le cerveau essaie encore de trouver une solution plus optimale. Pense à acheter un paquet de couches en route pour gagner du temps. Mais il est 7h30, les magasins sont encore fermés. Et la nounou habite à 100 mètres de la maison. Temps gagné : zéro.
Résignation.
Marcher vite. Monter les 4 étages. Descendre les 4 étages les couches à la main. Souffler. Marcher vite. Monter les 3 étages de l’immeuble de la nounou. Déposer les couches. Redescendre.
Sur le chemin du travail.
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