Souffle venir

Leïla Dorsaz

Sous sa force les feuilles sèches repliées
Passaient pour de petites clochettes, au lointain
Il n’y chantait pas un tintement argentin
Mais un mugissement rauque qui frémissait

Avec un crissement les herbes s’inclinaient
Soumises, elles courbaient leur tige de satin
Devant sa course folle anormale au matin
Piquetés par le froid mes yeux se refermaient

Je remplissais mes poumons avec son odeur
D’écorce mouillée et de forêts où se meurt
Brusquement tout le sucré des fleurs des beaux jours

Le ciel semblait tartiné d’une épaisse mousse
Grise et avide, il la faisait avancer pour
Qu’elle dévore nos montagnes déjà rousses
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