Objet

Antoine Magnin

Ainsi Alcyoné arrive, du Palais
D’Eole, en pleine ville, où résonne une orgie.
Elle charme Céyx, des garçons le moins laid :
S’opère la magie.

Alcyoné demande à Céyx l’union
Et l’emmène aussitôt rencontrer sa famille.
Se construisent déjà de ces liens mignons
Qui coincent et frétillent.

Céyx traîne sa femme auprès de ses parents,
Lui présente sa rente et ses fusils de chasse.
Ils soupent du gigot dans l’odeur du hareng
Et rentrent, l’humeur lasse.

Souper, dîners, soirées, menottes et jouets,
Enfants qui tardent trop et liqueurs trop légères.
Les repas n’ont de fin, on a besoin du fouet.
Ballon et mise en bière.

Alcyoné assiste, un soir en plein juillet,
Au grand ballet des cieux, à l’appel tellurique.
Céyx est en-dessous, qui siffle un air douillet
Et piteux et lyrique.

Céyx, le lendemain, comme chaque matin,
Attend son déjeuner, appelle et s’impatiente.
Mais la femme est partie dans la nuit de satin
Et S’enfuit par les sentes.

Sur le meuble à facture, il en trouve une étrange :
« J’ai prix, Céyx, la mer
Pour toujours et bien loin du trou où tu me ranges,
Loin du marais amer. »

Un jour chaud de novembre où Céyx fume et lit,
Il reçoit par journal l’annonce du suicide
D’Alcyoné, la femme, échouée sur le lit
D’un ruisseau gynécide.

Jalousant par principe un rival, Céyx choit.
Dans son songe, il revoit Alcyoné qui grave
A jamais sur son corps l’adoration du choix
Et de l’amour du grave.

Avec tout l’héritage,
Céyx parcourt la ville et recherche un confort.
Il charme une Crétoise avec qui il présage
De rester le plus fort.
FacebookPDF