Naples Noir

Maxime Sacchetto

Noirs, les trottoirs imbibés d’eau. L’eau. Les flaques d’eau partout. Les flaques d’eau. Le reflet de l’éclairage public à l’intérieur. Et toujours Imbibés d’eau les trottoirs. Imbibés d’eau les sacs poubelles. Ils sont noir les sacs poubelles. Dans les marchés. Dans les rues étroites entre les bâtiments dont on ne voit pas le haut. On ne voit pas le ciel entre les bâtiments noirs. Les bâtiments noirs grouillant sous les climatiseurs. Grouillant sous les balcons. Grouillant. Entre les ruelles perpendiculaires. Les alarmes incendies. Les épiceries claustrophobiques croulant sous leur propre merde. Noir est la ville comme les vendeurs des épiceries. Noir comme la pluie qui trempe les godasses. Vélomoteurs. Camionnettes. Le trafic. Klaxons. Klaxons. Klaxons. Klaxons et pluie. Klaxons et suie. Bruits de coup de feu ? Alarmes incendies. Pluie. Épiceries. Panneaux clignotants.
Tout le temps.
Tout le temps.
Mais je ne reste pas dans la ville, je ne parle pas la langue qui doit pourtant être la mienne.
Et je trouve refuge dans la cathédrale en suivant le chant des prêtres.
Et pourtant il sort des haut-parleurs.
Mais je ne reste pas dans la ville, je ne parle pas la langue qui doit pourtant être la mienne.
Et je trouve refuge dans la chambre verte. La chambre de la lampe verte.
Là, rien ne bouge
La pluie traversera-t-elle les fenêtres ?
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