Mue

Apolline Fellay

si on pouvait
évacuer nos égos comme ce serpent bleu qui sous ces yeux autres délaisse une peau

vacuité


délasse le cerveau

alors que la journée tient encore debout

en une mue sans splendeur
translucide
retournée à la terre

si on pouvait

un serpent gros comme le monde
entre les broussailles encore
complètement iconoclaste
enfin
si on pouvait
cesser de s’appeler
par un nom par une idée
sans caste ni rien

et toutes ces entailles encastrées


désapprendre à être un se
fondre
dans le fond
sans éclat

ici

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