Le jeu des grands

Jazz Moka

Cartes farandoles plongent dans centre de table,
Rejoignent bouteilles d’huiles, olives et carrés verts de nappe.
Trois vieux sages sondent en silence.
L’enfant barbote des lèvres.

Regards des anciens ne se croisent pas,
Épées de feu débordent,
Yeux s’éguisent.

Frottant la barbe
Des deux bouts de bouche,
Doigts sur la paille de joue
Caressent lèvre du bas puis s’écartent.

Une main couchée sur le dos,
Paume tournée vers le ciel :
Traces noires,
Celles qui rongent fond des doigts.

Channe s’épanche dans graals d’étain.
À côté : jarre liquide jeune.
Rose lacté se déverse dans gobelet plastique.

Petit fils porte à sa bouche le calice
Puis devant regards amusés,
D’un coup de manche,
Essuie sa moustache lait grenadine.

Les regards se mordent,
Les cartes se tranchent

Pique double,
Encore une fois.

Chaque tour, atouts s’effondrent.
Chaque jour, passé s’éteint.

Le jeu n’est qu’une pause ?
Je ne crois pas.
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