Le goût des prunes

Igor Gachet

les anges meurent comme ils naissent
en silence
à l’abri du temps
leurs battements d’ailes
caressant l’air
une dernière fois
ils mettent en mouvement les jours
qui transportent à leur tour
le fruit des saisons
ils cherchent un endroit paisible
le ventre rond d’un lys
ou la chaleur fragile du soleil
emprisonné
dans une goutte de pluie
puis ils suspendent leur souffle
dans les vergers
en offrandes
aux branches reconnaissantes
lorsqu’ils meurent
parmi les herbes hautes
le ciel couché sur leurs yeux
ils disparaissent
comme d’anciens secrets
ne laissant dans les prés
que le goût des prunes dans les pruniers d’été.
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