L'attente

Rose Gab

Las, sous le ciel lourd pourtant dégagé,
De sombres pesanteurs alourdissent l’horizon de rancœur,
Même sous les tilleuls ombragés,
Les pas écrasants du passé
Reviennent ici se consumer.
Les fils de la vie s’étirent,
Mais le nœud reste,
Il suspend tous les zestes
D’éclat s’échappant du désarroi.
La toile d’araignée s’étend
La rosée glace quelques secondes durant
Le vacillement palpitant
De cette mélodie des liens face au vent.
Pourtant l’oppression est bien là.
Elle dépose son givre sur ces balbutiements
Enveloppe nos rides nous trahissant.
Étreinte trop forte de l’instant présent,
Ce présent prisonnier d’un futur hypothétique,
Ce futur façonné sur les briques d’un passé chimérique.
L’attente nous enserre et décolore le présent.
L’attente nous encercle et enivre tous nos temps.
Jeu d’adulte admiré des enfants,
L’attente siège là
Et règne de son voile occultant.
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