La pluie à Grenoble

Rafaël Deville

La pluie d’automne
− presque d’hiver

vide mon corps de ses péchés
lave mon cœur de ses chimères

La pluie d’automne
− presque d’hiver

sait tout de mon passé
sait tout - me désespère

La pluie d’automne
− presque d’hiver

sur Grenoble bouche maudite
qui m’avale et me vomit
en mille éclats d’éclipse

La pluie d’automne
− presque d’hiver

sur Grenoble ventre mauvais
il n’y rien de plus triste que Saint-Bruno vide
sous la pluie d’automne
− presque d’hiver

qui te fait rire presque fléchir
te fait mourir et revenir

la pluie d’automne
− presque d’hiver

n’a plus de nom
n’a jamais eu
je l’ai cherché je crois
je l’ai cherché
mais jamais su

La pluie d’automne
− presque d’hiver

jette sur ton corps
un fin suaire sans fin

La pluie d’automne
− presque d’hiver

Vide mon corps de ses péchés
lave mon cœur de ses chimères

la pluie d’automne
− presque d’hiver

laisse le silence exister
laisse le silence à jamais
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