La Jonction en février

Charlotte Curchod

Complicité, des discussions arborescentes, une main dans le noir des plumes quand le sommeil, un instant, cesse d’étreindre nos paupières. Un corps qui se réchauffe dans le souffle de l’autre. En février un rendez-vous à la Jonction. Des cartes postales envoyées depuis une heure vagabonde. Chemise du marché près des tomates anniversaires, une nuit différente de toutes les autres. Des livres lus chacun-e à notre manière, parce que nous sommes de rue, de passage et d’impasse. Ces questions qui nous rassemblent, et nous ressemblent aussi sans doute. Une cigarette à 4 mains. Un bidon plein de coings, une compote, un bol, deux cuillères. Des sourires qui se font écho dans les silences. Mon adresse sur une enveloppe venue de loin. La Jonction en février. Un panier d’osier mêlé à des poussières de plâtre. Des ombres à la lueur des flammes dansantes des bougies. Un pont. Des ponts. Des vieilles pierres gigantesques. Un bouquet de renoncules. Des bâtisses en ruine. Deux cages thoraciques ; et la Jonction en février. Un espace où les mots n’ont pas besoin de se dérouler à l’infini pour se faire entendre, et comprendre. L’Absence. C’est l’envers. Le négatif. Le verso de ces moments. C’est une présence au passé décomposé. C’est la Jonction en février, et un vide qui a tes contours au bout de l’attente.
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