La danse

Luc Guilloteau

Ça s’apparente à un genre de danse, une valse bien heureuse, bien foireuse aussi par bien des côtés... Mais tout de même c’est un moment pas comme les autres, ça vient des tripes, ça vous remet tout de suite, vous ne tergiversez pas pour vous souvenir... c’est plutôt immédiat. C’est une danse bien subtile parfois, bien grossière quand on s’y met, mais ça rigole, ça s’esclaffe, ça faribole, c’est tout à fait excellent une fois qu’on est entré dedans. Faut voir ça comme ça et pas s’embêter pour un sou. Y’a pas assez pour que l’on imagine compter ou recenser de toute façon... faut le prendre comme c’est là, dans le temps, dans le mouvement... C’est pas tout à fait irréversible mais quand même, ça jure un peu de rater le coche, ça fait tâche, ça emmerde. Et puis alors quand ça lancine comme ça les gens regardent, lorgnent, visent et pas qu’en rêve. On vous fouterait dans une boîte si l’on pouvait, on vous attacherait, on vous sucerait tout le sang si c’était pour se rendre aimable. Les autres ils crachent toujours trop. Ce que je voyais bien à l’horizon, c’est que cette danse fallait pas la finir, fallait pas arriver au terminus trop vite... jamais sortir de la station... fallait bien profiter... fallait tout prendre, tout visiter.
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