fraude

Louis S

le soir t’accapare tu te laisses emmener
le soir te fait danser entre ses doigts
entre ses fins doigts d’or et de charbon
entre les chats noirs les chiens et les loups
et tu t’abandonnes tu te laisses griser
tu remplis le vide le fond de ton esprit
à coup de cigarettes et de rires
à coup de sourires factices tu t’ensevelis
l’alcool te brûle dans les parages du soir
cocktail du déboire
il est déjà tard
minuit une heure en un instant
deux heures trois en un coup de vent
la nuit s’envole
virevolte et se déhanche
déchire l’innocence
les sens se délient
et tu t’embarques dans la danse
délicieux fruit du délit
tu te crois souverain
toujours le même refrain
la valse des trompeurs trompés
la valse des menteurs et des désillusionnés
qui cherchent encore l’illusion
pour voler des débris d’espoir
et violer le hasard
la valse des désabusés qui abusent de la nuit
pour se persuader que tout n’est pas gâché
mais
la nuit s’envole s’enfuit
elle s’éteint dans les cendriers
écrasée avec tes cigarettes
les cigarettes de la jeunesse
que tu fumes rageusement
et qui précipitent ton sort
l’aube le froid l’heure déjà
tu revêts ton manteau de pudeur
l’habit quotidien
pourtant tu recommenceras
tu le sais bien
tu crois escroquer la vie en blanchissant tes nuits

la nuit défile la nuit s’évanouit
la nuit te file entre les doigts
la nuit se joue de toi
mais la nuit n’est pas la seule
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