Firenze com'era

Lise Michel

A peine je sors du train que je retrouve son odeur : un mélange de pizza, même si on ne mange pas de pizza à Florence, et de bienvenue. Je la reconnais, tous mes sens la perçoivent. Elle est digne, belle, lumineuse malgré le ciel nonchalant ; indifférente, immuable et antipathique malgré sa Renaissance. La gloire des Médicis embaume le passé, le passé choit sous ses odeurs de luxe. Le mercantilisme a pris le dessus sur la culture : un supermarché slowfood remplace ma librairie, les églises ont triplé leur prix.
Il pleut à Florence et le vent glacial nous crispe dans les jardins transis. Les flots de touristes émoussent le florentin et pourtant deux mots de la douce langue et un sourire, ou un accent, suffisent à les décrisper. Il fait froid sur Florence mais le printemps pointe le bout de son nez : c’est la glycine qui me l’a dit et les oiseaux dans les bosquets.
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