Fils de l´absurde

Johan Kokov

I.

L’écume ravage leurs rêves
Leurs pieds touchent le ciel
Ils ne sont plus nombreux
Mais je continue de rire dans ma mère
Ni heureux

Son ventre zébré d’éclairs
Le tonnerre dans ma bouche

Je me jette le corps plein dans l’abominable

Souffle d’orgueil.

Je n’ai plus le mal
Ô mon masque de carnaval
D’autres le veulent
Ils lisent sur ma figure une lueur
De gouffre qu’ils n’ont pas gardé

Je suis le trou
Le regard qu’ils m’ont jeté
L’air crié des mouettes
Bêlé des moutons
Sous le soleil vert du rideau.

Voyez l’espace
Une lame coupante dans le rêve
Un charme doux de jours sanglants
Entre les deux je meurs
Jouissant de ma mort
Pauvre insultant les riches
Je me déshabille trois fois
Vraiment
Pour moi
Et pour elle
Maman des temps morts
Porte d’illusion claire
Tranchant le temps de ma peur


II.
Sang dans les caves
Cierge aux abris
Bombe

Non le feu mais ses jambes brillent
De l’enfance que j’ai peur d’allumer
De la flamme que je ne pourrai plus toucher
Qu’à son sexe ciré de froid
Carré de honte

Car l’amour égale l’horreur
Blé chaud
D’un champ vert après l’amour

Infranchissable espace pour emmerdeurs
Orgasme du corps
Le ciel s’est rétréci
Nos deux mains
Tremblement de l’esprit
S’arrachent l’espace d’une éraflure d’ongle

Rien ne tient
Tout est labile
Je deviens débile comme un sein
Sucé longtemps
Mordu pourtant

Jusqu’au réveil
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