En toile de fond

Martine Silvestre

En toile de fond :
La Gare d’Avignon, la Place de l’Horloge, la Cité des Papes,
et le mur d’enceinte aux pierres si égales, si bien jointes.

Les lieux ont acquis une patine, une ancienneté.
La ville déplie des espaces de liberté, de fluidité,
une pratique du pas de côté.

Sur les tréteaux, on y joue la vie et ses petites chroniques virulentes,
ses chimères, ses bruissements.
On y pose des questions, on grappille des signes.

Ici les heures dansent.
Ici, il faut capter l’éphémère
comme on caresse le pelage d’un chat qui se faufile.
Ici on peut goûter, sentir, voir, rêver.

Le Festival est un mystérieux banquet.
Les invités sont conviés à conjuguer
le merveilleux et l’irrationnel.

Pas loin des mots et de leur folie funambulesque,
il y a des histoires en maraude, un millier d’histoires
offertes sur l’autel sacré du théâtre.

Aujourd’hui, les images de juillet sont déjà dissoutes.
Elles sont devenues papier sali, écorché,
amas de formes bizarrement coloriées
avant de disparaître.

Le temps de se retourner,
Avignon a repris ses droits et son existence cadencée.
Son ciel est fatigué d’être bleu.
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