Des clins de lune

Amanda Spierings

La pluie sur l’asphalte
au-dessus la nuit    un édredon doux
qui pèse sur nos nuques
Les larmes et les fantômes    les phares
de voitures assoupies au feu rouge
L’air découpé
de part en part
Gouttes-étincelles    brasier-bouche

Cactus de pluie    Parapluies et terres
tambours
Pas de danse    violents
et coups-berceuses
Passages étouffés sur l’asphalte
glissant
Silence qui n’est pas tu    et
crachat mélodique

Eclaboussures    éclats
de gouttes
Filles-fées et éphémères insectes
engendrés par l’asphalte
inondé    ménopausé

La pluie et la nuit qui s’emparent de la rue
et y plantent des fleurs luminesonores
Jardin éphémère    parterre de pétrole nu
Beauté du minéral    végétal mort

Lune accrochée au téton du ciel
bas et borgne
Lune et demie
Bonshommes plats    prisonniers
de couleurs primitives    Passants
et voitures redémarrées
Lumières effacées    affabulées

Qu’il pleuve    qu’il tonne encore    le long des nuits
Pour qui s’endort    pour les yeux fatigués
Bercés par les coups des doigts de la pluie
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