Cycle

Pascal Chauvie

La surface scintille et les ombres reflètent à la fois les lumières et le vent.
Nuages argentés sous les lames du lac, comme un essaim étrange sans ailes et sans bruit, des millions d’alevins esquissent des structures puissantes et indomptées.
L’instinct libère dans le cœur de l’oiseau plus de sang par à-coups. Le volatile modifie son vol et défie la matière dans un arrêt fugace. Comme un instantané pris depuis le rivage, on voit alors ses ailes refréner l’air, ses plumes lui permettant de profiler sa tête vers la nuée de proies.
Devenu prédateur, l’oiseau tombe sur une colonne d’air qu’il a lui-même créée et transperce un poisson qui ne sent pas le coup et qui meurt sans mourir. Le reste du groupe porte son ADN. Cycle sauvage et ancestral. Partout la vie ondule et l’oiseau s’envole.
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