caféine

Klara Bourban

j’ai pris trop de café ce matin.
et je crois que c’était pour oublier que tu n’étais pas là. après tout, mieux vaut un cœur caféiné qui vibre qu’un cœur silencieux. et puis tu me disais toujours que je buvais trop de café. alors ce matin, je crois que c’est par esprit de revanche que j’ai aligné les tasses.
ça m’a donné la nausée, des maux de ventre, et j’étais un peu heureuse, parce que j’ai retrouvé les angoisses des premiers jours avec toi.
j’ai aussi essayé tes ristretti dont tu te vantais à tout va et j’en ai conclu que tu étais encore plus menteur que charmeur, parce que c’est vraiment pas bon, c’est âcre et aigri. peut-être qu’on n’est pas ce qu’on mange, mais le café qu’on boit.
moi, mon arabica reste doux, plein de sucre ou de sirop, parce que l’amertume me réussit pas, vraiment pas, même quand j’essaie de la déverser sur toi et tes « vrais cafés » et ton « vrai job ».
alors aujourd’hui j’ai pris trop de café, parce qu’au moins c’est d’agitation que je tremble et pas de pleurs, parce que mes palpitations ont une autre cause que ton regard moka, et parce que je préfère rester douce comme la mousse de lait qu’amère comme ta prétention.
oui, aujourd’hui j’ai pris trop de café, mais ça t’est bien égal à présent, que j’y mette de la chantilly ou du caramel, et au fond, je crois que ça m’est égal aussi. je boirai mon café sucré, pour laver ton amertume.
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