Buenos Aires

Philippe de Weck

Les pigeons défèquent sur le crâne des statues. Sur les bicornes des généraux et leurs épaulettes.
Des maculatures de fiente verdâtre qui ajoutent des variétés de ton au bronze déjà tout taché d’oxydation. En négatif, les marbres subissent le même sort. Mais sur leur surface, les traces brunissent.
Voilà les saints de la nation payant le prix fort pour que l’on se souvienne de leur existence. La vie éternelle contre une vie passée sous les déjections. On en vient à souhaiter rester anonyme.
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