Blondeur éphémère

Jean-Ahmed Trendl

Et je marche vite
Cours presque
Rue de Strasbourg
Fausse cathédrale
Rue du Maréchal Joffre
Je ne connais pas du tout cette ville
Il est une heure du matin.

Rue du Général Gruat
Ou quelque chose comme ça
Il fait chaud c’est fou
Le numéro 65.

Bientôt.

Seul grand immeuble dans une rue de vieilles maisons
J’attends
Le hall de l’immeuble s’éclaire...

Qu’est-ce que j’ai longtemps cherché ce regard.

Mais où cette chevelure blonde s’en est-elle allée ?
Je l’avais entre les mains
Vingt minutes, trente peut-être.

Je dois aller à Carrefour
Chercher cette odeur
Fa aux herbes je crois
Un parfum de savon de douche
C’est tout ce que j’ai pour me souvenir de ce visage.

Comment peut-on être si candide et si marquant à la fois ?

Les yeux bleus percent la nuit
Ce n’est pas possible.

Des marocains jouent aux cartes
Installés en pleine rue entre deux voitures.
Les pompiers secourent les sans-abri
Bien qu’il fasse chaud
Le poumon de la ville aimantée respire à grandes bouffées
Le goût du cabillaud à la sauce aux moules demeure
Le vent de l’Atlantique souffle, mais chaud.

Je ne te reverrai jamais en fait.
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