Au commencement

Matthieu Lorin

Au commencement, il y a les eaux qui glissent le long de ma peau et la retroussent, comme on remonte les jupes d’une fille avant de s’enfuir en courant. Puis les poumons qui se déchirent.

Un cri se fait entendre ; on attend le mien.

Pendant un instant, je ne dis rien : je ne veux pas avouer, pas tout de suite. Attendre encore un peu avant d’exister, cela ne fait de mal à personne.
On se penche au-dessus de moi mais je ne les reconnais pas : je n’ai jusque-là observé que les dieux et eux ont des cicatrices d’acné et des haleines de tisseurs de mensonges.

C’est ainsi que j’ai fait mon entrée dans le monde, à ce qu’on m’a raconté.
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