Ainsi gésir ensemble la nuit

Rudbeckie

« Les relations humaines sont bizarres. J’veux dire, on est avec quelqu’un pendant un certain temps, on mange, on dort, on vit avec cette personne, on l’aime, on lui parle, on sort avec elle, et soudain c’est fini. Suit une brève période où l’on n’est plus avec personne, et puis une autre femme arrive, on mange avec elle, on baise avec elle, et tout ça semble tellement normal, comme si c’était elle qu’on attendait, et vous qu’elle attendait. » (Charles Bukowski, Women, 1978)

À Snook,

Dans l’oubli et la mémoire du sommeil il y a tes cheveux qui poussent de l’autre côté du lit
Et nos corps séparés se caressent dans nos yeux fermés
Et mes cheveux lâchés suent sur les draps le désir que tu y as jeté
Ainsi gésir ensemble la nuit.

Tes boucles zestent, les miennes aussi
Elles cascadent, langoureusement assagies
Et nos paupières comme quatre persiennes que le joran aurait cinglées
Légères, s’agitent encore, de nos corps enfermés dans nos yeux refermés.

Alors nos songes déliés
S’entravant ainsi que deux lueurs amies
À l’ombre de nos lèvres liées
De chaque côté du lit, s’invitent, dans la mémoire et dans l’oubli.

Et dans ceux-ci je te vois qui t’éveilles et me trouves endormi
Tu me regardes, tu me souris, tu veux m’embrasser ;
Mais voilà que je retrouve l’odorat, propre à la matérielle réalité,
Mais voilà qu’à ce réveil aussi, tu m’embrasses, tu me sens, tu me souris.
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