Fribourg
, le 
27 février 2013

Écrire à côté d'auteurs reconnus

La Liberté

En février 2013, "La Liberté" se penchait sur "L'Épître" et son arrivée dans le paysage littéraire fribourgeois.

 

C'est d'abord un regard clair et volontaire, une silhouette élancée ainsi qu'un verbe précis et décidé trahissant parfois un reste de timidité. Matthieu Corpataux, universitaire fribourgeois en première année d'histoire et français a beau avoir tout juste 20 ans, il sait ce qu'il veut et s'en donne les moyens. Le jeune homme a lancé en janvier un journal en ligne où voisinent texte d'auteurs confirmés et écrits de jeunes premiers. Le but est de donner une visibilité et une crédibilité aux textes d'écrivains débutants afin qu'ils puissent franchir un premier pas vers l'édition. L'idée a germé chez Matthieu Corpataux à la suite d'un cours traitant de la revue surréaliste lancée par André Breton. Tout un chacun, quels que soient son âge, sa formation ou son origine et quel que soit son style d'écriture, peut lui envoyer un texte et, moyennant certaines conditions, le voir figurer en ligne. 

"La longueur des textes ne doit pas dépasser 500 mots, pour éviter l'effet romans-fleuves qui assume le lecteur", sourit Matthieu Corpataux. "D'autre part, il y a un critère de qualité: outre moi-même, deux à quatre personnes sont chargées de lire et d'évaluer les textes." En l'occurence, des écrivains reconnus ainsi que des professeurs du collège Sainte-Croix et des étudiants."

 

Plumes reconnues

Des écrivains du canton ont ainsi accepté de prêter leur plume au jeune auteur. "Frédéric Wandelère, Jean-François Haas, Michel Bavaud, Jo Berset ou encore Guy Sansonnens m'offrent gratuitement leurs textes et leur soutien. Un atout très précieux et un gain certain de crédibilité!"

Le site permet donc un premier pas dans le monde de l'édition pour ces auteurs novices qui ont ainsi accès à des critiques professionnelles ainsi qu'au retour des divers lecteurs. Ceux-ci sont invités à adresser d'éventuelles remarques à l'auteur en adressant d'abord un mail à Matthieu Corpataux, qui le fait suivre ensuite à la personne concernée. Une façon de préserver la sphère privée et d'éviter les commentaires peu constructifs parfois laissés sur la toile.

"Mon travail de maturité m'a permis de vivre une première expérience dans la publication. J'ai créé une nouvelle policière intitulée "Un cadavre dans la Bagne". Cela m'a permis de perdre mes idées reçues sur l'écrivain qui se met simplement à sa table, écrit, et tout est réglé! Il y a mille étapes entre deux, une préparation énorme est nécessaire ainsi qu'une certaine culture littéraire." L'étudiant glisse au passage qu'il ne serait pas mécontent si le site lui ouvrait quelques portes vers son rêve: devenir un jour écrivain. Lucide, le jeune homme note cependant qu'en Suisse, vivre de ce seul statut n'est pas chose aisée.

Le site compote à ce jour déjà trente texte en ligne et le jeune étudiant entend bien poursuivre sur cette lancée: "Mon but serait d'en faire un jour une version papier, mais les coûts sont très importants et les sponsors difficiles à trouver. Dans un premier temps, je souhaiterais déjà recueillir une centaine de textes d'ici à la fin de l'année pour les publier dans un cahier. Puis, si j'en trouve le moyen, j'en ferai une version papier à plus long terme."

Il invite toutes plumes encore timides à s'exprimer sur son site, sérieux malgré un petit souci survenu lors de la mise en ligne: "L'Épître, sans accent et accolé, fait un jeu de mots involontaire mais au moins on le retient!", s'amuse-t-il. Il fait référence à Voltaire - et ses nombreuses lettres - dont le jeune étudiant est fan.

 

Nicole Rüttimann

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