Un vieux rondeau

Gabriel Moirin

Un vieillardnu sur un lit attendant la Mort
Dit seul que la vie sur un tableau de Gauguin
Se lit dans chaque pigment dans chaque recoin
Et seul dans la salle entend l’écho de ses torts

Un vieillard nu sur un lit attendant la mort
Dis seul que la vie sur un tableau de Gauguin ...

– Oui, j’ai vu ce vieillard sans pain, sans vin.
Les yeux vides, ne disaient rien,
Me regardait moi, ou peut-être pensait voir un autre ; le sourire aux lèvres comme d’un rire me baisa la main, mais ne sentait rien. D’un sourire véritable, j’entendis un jetaime véritable et cru percevoir entre les lèvres du vivant :
/ laviɛbɛl /
Non, elle ne l’est pas, mais brute et erratique, on s’arrache les bras à vouloir
l’entrebrasser ; douloureux martyr d’un Homme lacéré et de son menteur corps.
En y pensant, mon grand-père ramène toujours des larmes à mes yeux et, à mes oreilles, ce refrain chantant, encore et encore :
« Un vieillardnu sur un lit attendant sa mort... »
Me fait mal.
FacebookPDF