Un camaïeu d'hiver

Pierre-Paul Bianchi

Un camaïeu de ciel, fin, tranche la forêt.
Le souvenir, comme une fumée infinie
Souffle une vague erratique, scinde l’année.
D’une veine de mon âme, l’or initie
Une vague pensée : ma pensée s’est alliée
Aux couleurs océanes, aux contours des vies
De chacun des oiseaux qui forment ton passé.
Un camaïeu de temps, oui, distingue l’amie
Chaque demi-heure, liée belle blême et déliée
Muse et détestée, au centre de l’Eurasie.

Au cœur de la fuite, au centre, il n’y en a pas
Tu es partie et moi pas, ma vie est hantée.
Un alcool, ton absence m’enfonce plus bas
Dans la fumée, qui forme mon souvenir et
Dans l’aube d’une forêt sans alléluia.

La houle frémit allouant à l’envie, lors,
Ton visage creusé dans le sable d’été.
Un camaïeu d’hiver décline sans remords
Les deux-cent dix couleurs de ta mer enneigée.
FacebookPDF