Sonnet Trivial

Pierre Jean Ruffieux

Pour mon premier sonnet, je retrousse mes manches
Et bannis de mon cœur toute distraction.
Je bosse tous les soirs et même les dimanches,
Délaissant les miens, mon chat, ma nation.

L’affreuse diérèse offre des nuits blanches
À mon corps épuisé par la concoction
De vers réguliers naissant en avalanches
Et qui fondent sitôt par imperfection.

Je voulais tricoter des rimes embrassées,
Exalter la césure en rythmes de samba,
Créer des univers dont on restât baba.

Mais d’effacer toujours, mes mains sont harassées.
Je ne suis pas poète, ou alors amateur
De crus moins policés pour nourrir mon moteur.
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