La jeune défunte

Amélie Garrido

Ah ! Qu’il est beau
Ce corps en fleur parmi les fleurs,
Et ces joues pâles et ces yeux secs
Fermés trop tôt !

Des chants s’élèvent,
Le bois du coffre à la terre est confié,
Mais dans la nuit ! Grande et droite,
Je me soulève !

Depuis la mort,
Je projette l’ombre de tous mes possibles,
Que les puissances en germe en mon sein
Allongent encore.

Oui, j’aurais pu
Cueillir ces fruits innombrables
Que la mémoire offre à mes mains,
Mes bras tendus –

La pierre !
La Grande me fige seulement,
Une montagne à l’horizon
D’hier.
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