À dos retourné

Pierre-Paul Bianchi

Elle me tourne le dos et roule dix fois son chagrin dans ses mains

Nous sommes loin des choses
Il y a le vent qui claque les portes, siffle du dehors

Vers le dedans

De l’électricité statique s’échappe de ses cheveux sans or
Elle ne me regarde pas

De l’air coule le long de ses veines
Il n’y a pas d’alléluia

Dehors, l’eau tombe en trombe et s’enfuit dans la mer

Nous sommes sur une colline, un rocher dans la nuit
Les bois craquèlent et abîment nos esprits

Elle a enfilé ses bottes
Comme pour sortir, alors que
Il pleut si fort que les vagues s’enflamment et

Les falaises meurent dans cette violence

Nous sommes loin des choses et le bruit s’échappe
Aux douleurs en allées qui ombragent l’amour

Le vent siffle et broie les nuages,

En transe

Elle a enfilé ses bottes et veut sortir alors
Que le sol, ternaire, se modifie à vue d’oeil,
Se divise
En rythme
Il s’annule et s’enfuit loin de nous

ne laisse pas de trace

Sous nos pieds il n’y aura plus que

L’orgueil de chacun de nous
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