Fribourg
, le 
02 février 2019

L'Épître encourage à l'écriture et s'en donne les moyens

Vernissage
© Julien James Auzan

 

Quelques lignes parues dans La Liberté, à l'occasion de la sortie du cinquième volume papier de L'Épître.

 

Combien difficile est l’art de la forme courte! Depuis 2013,L’Epître s’en est fait une spécialité en publiant chaque semaine sur son site internet, puis chaque année en volumes imprimés, une brassée de textes brefs signés de plumes prometteuses ou expérimentées. Manière pour cette plateforme fribourgeoise de se positionner comme «la revue de la relève littéraire romande». Non que la littérature d’ici fût moribonde au point qu’il faille impérativement la relever, simplement que les auteurs de demain ont tout à gagner à investir cet espace d’expression. Sa particularité? Offrir un retour critique à chaque texte proposé.

Mais les manuscrits ont vite commencé à s’accumuler sur le bureau de Matthieu Corpataux, assistant en littérature française à l’Université de Fribourg et fondateur de L’Epître. «Nous avons été dépassés, avec des délais de réponse qui atteignaient neuf mois... Nous avons donc décidé de professionnaliser notre structure pour réduire ces délais, développer nos retours critiques et affirmer ainsi notre place dans le champ littéraire romand.» Une campagne de financement participatif a permis de lever 30 000 francs, que des subventions viendront compléter. De quoi financer une équipe de huit critiques et organiser une quinzaine d’événements littéraires cette année. «Surtout, nous sommes la seule revue en Suisse à payer nos auteurs, complète Matthieu Corpataux. Nous avons le souci de reconnaître le travail de l’écrivain en le payant autant que possible.»

Parmi ces auteurs que l’on lit dans le volume V de L’Epître paru en janvier, des plumes parfois inégales mais plusieurs voix singulières. En ouverture, on retrouve ainsi avec plaisir la verve fantasque de Bastien Roubaty, émoustillant tout comme le sont les vers joyeusement extatiques de Sandy Maillard. Poèmes et proses alternent pour offrir du rythme à ces pages où l’on passe des sonnets très prévertiens d’Arthur Billerey à l’excellente farce amère de Max Lobe sur l’endoctrinement religieux, puis d’un habile imbroglio généalogique signé Olivier Pitteloud aux alexandrins sonores de Florian Stresemann qui va jusqu’à réharmoniser ironiquement le Chantre d’Apollinaire... Oui, L’Epître fait grand bien à la littérature de demain.

 

Thierry Raboud

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