Fribourg
, le 
17 avril 2015

Faire éditer son premier roman

La LibertéEn avril 2015, la Page Jeunes de "La Liberté" se penchait sur les difficultés rencontrées lorsqu'un écrivain souhaite faire éditer son premier roman.

 

Si de nombreux jeunes sont attirés par l’écriture, peu franchissent le pas de la publication. Quels sont les obstacles à surmonter pour ces plumes en herbe?

 

"Au lycée, je remplissais des carnets entiers, j’écrivais une à deux heures par jour." Avec cet aveu, Alexandre Wälti dévoile les prémices d’une passion qui ne cessera de grandir. "A l’adolescence, mon écriture s’apparentait à des jets pleins d’urgence, ça m’a aidé à construire mon identité. Mais j’essaie maintenant de pondre des textes plus réfléchis, plus concrets." L’étudiant de 26 ans travaille actuellement sur un premier roman, tout en affinant sa plume dans de multiples projets journalistiques, mais aussi littéraires, au nombre desquels on peut compter la publication d’un texte sur le site L’Epître. "On peut voir L’Epître comme un tremplin vers des éditeurs de qualité, reconnaît Matthieu Corpataux, initiateur de la revue numérique. Mais si on considérait la publication d’un roman comme la 13e étape, la parution d’un texte sur L’Epître ne serait que la première."

 

Du travail avant tout

Le chemin vers une publication paraît en effet semé d’embûches. Xochitl Borel, jeune romancière qui a fait ses débuts avec "L’alphabet des anges" aux Editions de l’Aire, en sait quelque chose puisqu’elle travaille elle-même dans le monde de l’édition. "Nous recevons entre trois et quatre manuscrits par jour, auxquels s’ajoutent un plus grand nombre sous format numérique, que nous ne traitons pas."

Une sélection drastique est par conséquent nécessaire. "Pour la majorité, on arrive à se faire une idée assez rapidement. Certains sont d’une qualité accablante, vraiment pas publiables." Une abondance qui n’effraie pas Alexandre Wälti: "Je pense que les jeunes écrivains ont l’avantage de n’avoir de compte à rendre à personne, ils n’ont rien à confirmer."

Au-delà de l’effet de surprise, ces jeunes plumes auraient-elles l’avantage d’avoir un style particulier? Rien n’est moins sûr, comme l’explique Jean-Philippe Ayer, directeur des Editions de l’Hèbe: "On pourrait vite tomber dans des clichés en leur attribuant des qualités généralement associées à la jeunesse, comme l’enthousiasme, l’ingénuité, un optimisme ou un pessimisme exacerbés."

 

Blogs et concours

Les deux grands dangers auxquels s’expose un jeune cherchant à être publié? "Le manque de patience et l’édition à compte d’auteur", affirme sans hésitation Jean-Philippe Ayer. Néanmoins, il existe pour les jeunes plumes de nombreux moyens de se faire entendre en vue d’une première publication. A l’ère d’internet, on voit ainsi les revues numériques comme L’Epître et les blogs littéraires se multiplier. Moins pressées par les contraintes financières, ces plateformes sont souvent à l’écoute des écrivains en herbe.

L’autre option, plébiscitée par une pléthore d’adolescents chaque année, ce sont les concours, comme le Prix interrégional des jeunes auteurs (PIJA), qui couronne chaque année des jeunes de 15 à 20 ans. "Non seulement c’est l’occasion de rencontrer d’autres écrivains, mais les Editions de l’Hèbe accordent une oreille particulièrement attentive aux anciens lauréats", remarque Jean-Philippe Ayer, également directeur du PIJA.

On peut y rajouter le Prix Georges-Nicole, récemment rapatrié aux Editions de l’Aire, qui est décerné tous les trois ans à un premier roman suisse. Au-delà de nos frontières enfin, c’est vers le Prix du jeune écrivain que plus de 1000 jeunes choisissent chaque année de se tourner, à l’image de Céline Zufferey, jeune Romande lauréate de la dernière édition.

 

Louis Rossier

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